S3PInfos Hebdo Presse 13 (du 1er au 5 juin 2020)

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Le S3PI de l’Artois vous relaye quelques informations

FOCUS

Sécheresse
Par un communiqué du 29 mai 2020 le département du Pas-de-Calais a été placé en vigilance sécheresse.
Malgré une recharge hivernale plutôt satsfaisante pour les nappes phréatiques, les températures printanières sont supérieures à la normale. L’ensoleillement et le déficit pluviométrique de ces dernières semaines entraîne une situation de quasi sécheresse agricole.
Consulter le Communiqué de Presse

Lubrizol
La commission d’enquête sénatoriale a rendu son rapport sur l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen qui s’est produit le 26 septembre 2019.
Cet accident est l’un des premiers de l’ère des réseaux sociaux (200 000 tweets en 24h).
A l’issue des travaux, la commission a dressé différents constats, et parmi ceux-ci « le manque de la culture de la sécurité et du risque industriel », les résultats de la consultation des élus locaux confirment cela (62 % des élus font part d’un manque d’information sur les risques et 78 % sont peu ou pas associés aux exercices de la sécurité civile).
L’incendie a aussi révélé la difficulté pour l’administration d’accéder en temps réel à l’information et la composition des produits stockés sur un site SEVESO mais aussi démontré une fois de plus les défauts majeurs du Système national d’Alerte et d’Information des Populations (SAIP).
Dans sa synthèse la commission informe aussi que la perspective de création d’une autorité administrative indépendante (AAI) spécialisée dans le contrôle des établissements Seveso "ne présente aucune plus-value évidente en matière de risques industriels", contrairement à la mise en place d’un véritable bureau d’enquête accidents.
Pour répondre aux différents enjeux identifiés, les recommandations de la commission d’enquête s’articulent autour de 6 axes : créer une véritable culture du risque industriel, améliorer la politique de prévention des risques industriels, améliorer la gestion de crise, assurer une meilleure coordination entre l’Etat et les collectivités territoriales, Indemniser l’intégralité des préjudices subis par la population et enfin appliquer le principe de précaution au suivi sanitaire des populations touchées par un accident.
consulter le rapport complet
actu-environnement : La commission d’enquête sénatoriale pointe un défaut d’information généralisé - 04/062020

Qu’en est-il de l’information préventive dans l’Artois ?
Le S3PI de l’Artois travaille avec les sites industriels classés SEVESO haut sur l’information préventive des populations exposées à un risque industriel. A ce titre des campagnes d’information sont planifiées périodiquement (tous les 5 ans) afin d’une part, d’informer la population des activités desdits sites mais aussi de les sensibiliser aux consignes à suivre en cas d’accident industriel.
Afin de favoriser la culture du risque sur le territoire, cette information est diffusée en lien avec les communes qui la relaient dans leur Bulletins Municipaux mais aussi sur leur site internet et sur les réseaux sociaux.
Enfin, pour pérenniser cette action de sensibilisation sur les 5 années, des interventions scolaires sont réalisées dans les établissements se trouvant à proximité des sites industriels classés SEVESO haut.
En savoir + : www.faceauxrisques.fr
Bilan de la Campagne d’information des populations 2017
Bilan de la sensibilisation en milieu scolaire

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Villefranche-sur-Saône : Une cuve de 100 000 litres déborde à l’usine Blédina
Deux mois après avoir dû évacuer tout son personnel pour un important dégagement de fumées toxiques provoqué par une erreur de manipulation, l’usine Blédina de Villefranche-sur-Saône a connu un nouvel incident industriel ce 30 mai. Vers 8h30, un bassin de 100 000 litres servant à la filtration biologique des eaux usées a débordé. De la mousse de couleur rosée, dont le volume reste encore à déterminer, s’en est échappée au cours d’une opération de nettoyage hebdomadaire et s’est déversée, en partie, dans la rivière Le Morgon qui jouxte le site. « Le bassin qui a débordé constitue la dernière étape de traitement des eaux usées, avant rejet dans le réseau d’assainissement de l’agglomération. Ces eaux de rinçage sont composées en grande majorité de composants organiques et biodégradables (farine de céréales). L’écoulement de mousse rosée (la couleur provient du marron clair des boues collectées) est ainsi sans conséquence sur la santé et la sécurité des riverains, ainsi que sur la qualité de l’eau du cours d’eau », a informé le service de communication de Blédina, insistant sur le fait qu’il n’y a aucun impact environnemental à déplorer. Le service de communication de l’entreprise a par ailleurs ajouté qu’une analyse interne sera menée pour connaître les causes de cet incident et permettre la mise en place d’éventuelles mesures correctives afin de prévenir tout risque à l’avenir.
www.leprogres.fr, « Villefranche-sur-Saône – Incident : un bassin de 100 000 litres déborde à l’usine Blédina » – 30/05/2020

Un incendie s’est déclaré sur le site de Léa composites
Un incendie s’est déclaré, le 1er juin, à l’Ecoparc de La Gravelle, sur le site de l’entreprise Léa composites. Cette dernière, installée dans la commune depuis 2005, utilise des matières hydrocarbures mais n’est pas classée Seveso. Par ailleurs, 80 pompiers ont été mobilisés avec 26 véhicules pour contenir la propagation des flammes et empêcher le feu de s’étendre aux entreprises voisines et au péage. Trois salariés étaient présents sur le site au moment de l’incendie et l’un d’entre eux a été transporté à l’hôpital de Laval après avoir inhalé des fumées. Les pompiers estiment que quinze personnes, sur la vingtaine de salariés de l’entreprise, pourraient se retrouver au chômage technique.
Ouest France, « À La Gravelle, l’entreprise de piscines a brûlé » – 02/06/2020

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Une zone de pollution de 2km sous Colmar
En 1966, l’usine Produits Chimiques Ugine Kuhlmann (PCUK), un fabricant de pesticides, a déversé entre 700 et 750 tonnes de déchets toxiques à l’air libre près de Colmar. Aujourd’hui, des analyses ont mis en évidence un panache de pollution de 2km dans la nappe phréatique. Ces déchets se présentent sous la forme d’une poudre blanche qui contient un puissant insecticide connu sous le nom de lindane. Une molécule interdite en France depuis 1988 et qui, selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), est toxique en cas d’ingestion ou d’inhalation. Dans ce contexte, l’association Tiefenbach Environnement plaide pour le déstockage d’un dépôt de déchets chimiques à Wintzenheim, une commune en bordure de Colmar. Le 27 septembre 2019, le conseil municipal de Wintzenheim a donc voté une motion pour la dépollution du site. Et le 19 décembre 2019, il s’est prononcé en faveur d’un renforcement des mesures de précaution pour assurer la qualité de l’eau de la nappe phréatique. Il demande aussi à l’État « d’envisager, si la pollution devait s’élargir, de faire extraire les produits stockés ».
www.rue89strasbourg.com, « Près de Colmar, la menace d’un ancien dépôt de déchets de pesticides sur la nappe phréatique » – 02/06/2020

Les capteurs citoyens de particules fines en Bretagne
La Bretagne figure parmi les régions de France où l’on trouve le plus de capteurs citoyens de particules fines installés par des particuliers. Ces capteurs sont principalement présents dans les villes. « En Bretagne, nous avons cinquante capteurs de particules fines environ, mais qui ne fonctionnent pas forcément de manière régulière », explique Jacques Le Letty, chargé de mission santé-environnement à la Maison de la consommation et de l’environnement à Rennes. Les mesures de particules fines permettent de constituer une base de données en open source accessible à tous. Par ailleurs, la mise en place des capteurs citoyens des particules permet de couvrir des zones plus rurales où les organismes de mesures classiques ne sont pas forcément installés. Le capteur est peu onéreux, car selon Jacques Le Letty, « pour 25 euros environ, il est possible d’en acquérir un en ligne », mais il peut y avoir un frein technique lors de la mise en œuvre du dispositif de mesure. La pollution de l’air par les particules fines est souvent due à l’activité humaine dont l’industrie, l’agriculture intensive et les moyens de transport.
Ouest France, « Des capteurs citoyens mesurent la pollution de l’air » – 02/06/2020

Relocalisation des ressources stratégiques : le filon du lithium français
Comme la majorité de ses voisins européens, la France importe à ce jour en grandes quantités les métaux nécessaires à son industrie, comme le lithium. Pourtant, un inventaire des ressources en lithium métropolitaines réalisé en 2018 par le BRGM révèle certaines sources dans des roches dont le potentiel de valorisation est certain, essentiellement dans le Massif central et le Massif armoricain. Si des procédés de traitement des minerais étaient mis au point, la France pourrait donc être autonome, avec un potentiel dépassant les 200 000 tonnes de lithium métal. Afin d’envisager la relocalisation de cette filière dans l’Hexagone, les chercheurs travaillent à développer des méthodes pour mieux comprendre comment se forment ces ressources, à la fois pour une exploitation plus efficiente et pour découvrir des gisements cachés au plus proche des centres de consommation afin de réduire l’impact environnemental associé. Il faut également déployer une capacité à développer des méthodes d’extraction pour les ressources minérales en lien avec notre géologie à l’échelle nationale.
theconversation.com, « Relocaliser l’extraction des ressources minérales : en Europe, les défis du lithium » – 01/06/2020

Les hydrocarbures polluent la surface du canal de l’Escaut
La surface du canal de l’Escaut est victime d’une pollution au gazole. Les techniciens des Voies navigables de France (VNF) et les sapeurs-pompiers ont utilisé des boudins capables d’absorber les hydrocarbures. Afin de contenir cette pollution, le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) a envoyé des plongeurs de Cambrai et de Saint-Amand ainsi que des sapeurs d’Hautmont et de Somain spécialisés dans la lutte contre la pollution et les risques chimiques. Selon le maire
Ludovic Zientek, il semble s’agir d’une pollution « bien plus légère » que celle qui a été constatée après la rupture d’une digue chez Tereos, dans la nuit du 9 au 10 avril.
La Voix du Nord, « L’Escaut victime d’une pollution à l’hydrocarbure » – 04/06/2020

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Incinération des déchets : l’évolution de la législation sur les émissions
De nouvelles MTD « meilleures techniques disponibles » pour l’incinération des déchets seront effectives d’ici fin 2023, suite à la parution le 3 décembre 2019 d’un texte européen, mais avec des difficultés de mise en œuvre. En effet, si les conclusions MTD sont prises en compte pour analyser les autorisations d’exploiter, elles ne donnent pas toujours d’indications pratiques pour leur mise en œuvre, soulignent les professionnels. C’est pourquoi des associations professionnelles européennes « ont publié un guide explicatif qui identifie et comble les lacunes du document ». Les membres du Syndicat national des concepteurs et constructeurs des industries du déchet et de l’environnement (Snide), du Syndicat national du traitement et de la valorisation des déchets urbains et assimilés (SVDU) et de la FNADE, qui ont participé à la réalisation de ce guide européen, proposent par ailleurs une version française des annexes et des formulaires de mise en œuvre tout en adaptant parfois ces documents à la réglementation ou à des dispositions françaises. Certains des niveaux de rejets sont, en effet, tellement bas qu’ils sont à la limite de détection des appareils de mesure. « Une étude de l’Ineris a ainsi mis en évidence que l’incertitude de mesure des appareils de mesure en continu était pour certains paramètres (CO, TOC, HCl, SO2, Hg...) du même ordre de grandeur que les futures VLE. » « Cette question de l’incertitude de mesure doit absolument être étudiée et traitée », ajoutent le Snide et le SVDU. En outre, il est précisé que la température de combustion des déchets afin de limiter la production du CO et des dioxines est de 850°C.
www.lagazettedescommunes.com, « Traitement thermique des déchets : la législation sur les émissions » – 29/05/2020

Les Régions sont des fers de lance du gaz vert
Dans leurs exercices de planification énergétique, les Régions affichent de fortes ambitions pour l’accélération de la méthanisation et un déploiement de l’hydrogène, voire de la pyrogazéification. En effet, le Pays de la Loire souhaite couvrir 30 % de sa consommation de gaz en biogaz d’ici 2030. Pour sa part, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a choisi de miser sur l’hydrogène. Avec son projet « Zero Emission Valley », elle entend même devenir le premier territoire à hydrogène en Europe, en s’appuyant sur les forces vives du territoire et en développant les débouchés. De son côté, la Nouvelle-Aquitaine a, en parallèle de l’élaboration de son schéma d’aménagement et de développement durable (Sraddet), réalisé un exercice de prospective 100 % gaz vert en 2050, sur le modèle de l’étude nationale de l’Ademe de 2017. Dans son scénario 100 % gaz vert, 830 unités de production de gaz renouvelable seraient déployées sur l’ensemble de la région en 2050, dont 730 unités de méthanisation, 67 de pyrogazéification et 35 de power-to-gas.
www.actu-environnement.com, « Les Régions, fers de lance du gaz vert » – 02/06/2020

Total limite son engagement de neutralité carbone en 2050 à l’Europe
Patrick Pouyanné, PDG de Total, a présenté la nouvelle stratégie climat du groupe lors de l’assemblée générale du 29 mai, tout en apportant des précisions sur sa vision de la neutralité carbone à 2050. Fin avril, l’entreprise avait annoncé avoir l’ambition d’être neutre en carbone à l’horizon 2050 dans le monde sur toutes ses émissions directes et indirectes, mais ne s’engage à y parvenir que sur ses opérations mondiales dont il est responsable et sur lesquelles il peut agir (les scopes 1 et 2) et toutes les émissions, dont celles liées à l’utilisation des produits énergétiques vendus à ses clients (le scope 3) sur l’Europe. Sur le scope 3, les objectifs du groupe passeront notamment par une action chez les clients, comme la substitution de chaudière fioul, et par une évolution de son mix de produits énergétiques, entamée depuis 2015. Le mix devrait par ailleurs être de 15 % d’électrons, 45 % de produits pétroliers et toujours 40 % de gaz en 2030, mais « si on se projette à 2050, nous vendrions 40 % d’électrons verts, 40 % d’un mélange de gaz naturel et de gaz vert produit à partir d’hydrogène ou de biogaz, et seulement 20 % de produits pétroliers, trois-quarts de pétrole et un quart de biocarburant », anticipe le PDG. Concernant les énergies fossiles, Total n’envisage pas de sortir complètement du pétrole. Certes, « la demande d’énergie va évoluer, mais pas du jour au lendemain. Elle est encore à 80 % fossile », rappelle entre autres Patrick Pouyanné.
www.usinenouvelle.com, « Pourquoi Total limite son engagement de neutralité carbone en 2050 à l’Europe » – 29/05/2020